bon, okay, il nous avait prévenu. Genre non non non pas d'offrandes pour mon retour, il a ajouté qu'il pue et n'en vaut pas la peine. Mais quand même, on l'a vu porter une tenue moule-bite flashy grâce au reportage du Kouzin Noïb - tof confirmant d'ailleurs la rumeur que notre hôte en a une de vraiment très très floue.
Bref, Doktor Malevil revient, il est sportif, il est presque GQ et mérite bien de s'asperger de Brut for Men en sortant de la douche.
Allez Malev, viens retrouver les kolloks.

















Smoke
Je te reconnais bien là Smoke. Je propose que nous buvions le Brut de cologne plutôt que de nous en asperger.
armoire à apéro
bin si veux, gloutonner le Fabergé sous les yeux de Malevil alors qu'on vient de lui offrir, c'est vraiment un truc à flinguer une amitié. On est pas salopards à ce point là.
Mais si t'en veux, y'a un magasin de destockage d'usines à côté de chez moi et je peux t'en faire parvenir une caisse pour les grosses soifs.
Il leur reste aussi quelques vapo d'Impulse. Ca te dit pour la saint-Valentin de madame ?
Merci smoke de penser à
Merci smoke de penser à mes petits cadeaux, pour celui-ci d'ailleurs, euh, je... ben disons-le franchement, je passe mon tour ! Cela fait bien longtemps que je 'ai pas eu l'occasion de faire bonne figure à l'ouverture d'un cadeau moyen-moyen-moche et j'avoue ne pas regretter de ne pas avoir eu à mimer de "ooooohhhh", "aaaahhhhhhh, whaaaaaaa" l'air faussement réjouie à l'ouverture d'un joli gilet tricoté main qui me servirait dans le meilleur des cas à sortir mes poubelles (important ça, on n'y pense pas assez ! ), je signe volontier pour que cet état de fait dure un peu dans le temps !
Ceci, dit, la teuf au Brut de Fabergé dans l'appart, est une idée assez attrayante... Hips !
Ju
Tiens Cadeau!
Ah l'époque où je manquais de coeur je me jetais sur tout ce qui bouge, mais ça du coup j'ai jamais su quoi en faire, je faillis me faire des Rocky Mountain Oysters avec puis finalement j'ai laissé tombé, et en fait je me dis que c'est tout indiqué pour le docteur.
Alors voilà:
C'est le testicule droit de Lance Armstrong, maintenant que tu fais du vélo je suis sûr que tu en connais la valeur, et puis bon avec cette photo là de toi en moule-machin ca peut toujours te servir...
Et sinon tu peux le manger. Je ne sais pas pourquoi la France, pays de culture et de gastronomie, rechigne à ingurgiter des abbats crus...
excellent choix
c'est incontestablement la burne la plus schön que j'aie jamais vue, on dirait un netsuke organique. Malevil va avoir une petite larme à l'oeil.
Pour le côté gastronomique, faut juste voir ça comme une espèce de sashimi et pas rester kéblo sur nos traditions.
Pas une couille... mais l'oreille
Mes amis, j'ai bien de la peine de vous le dire, mais si j'ai été amputé d'une chose, c'est bien de mon oreille droite, par laquelle, pour une raison qui m'échappe, je n'entend plus rien du tout. Si ça continue dans ce sens, je vais sûrement me mettre à lire des biographies de Beethoven, pour rassurer mon égo qui pour l'heure, par sa seule oreille valide, n'a rien entendu d'autre que "Ah ben oui, ça rend sourd !"
Dans tous les cas je vous remercie pour ces petites attentions, que par ailleurs je ne mérite pas. Sinon, pour ce qui est de l'onction Fabergé, j'ai bien peur que ça reste sans effets, considérant que la puanteur précédemment mentionnée concerne sans aucun doute l'intérieur karmique de mon organisme, pour lequel les fragrances alcoolisées ne peuvent rien, à moins, bien sûr, que je les boive.
Quoi qu'il en soit, je veux rendre ici mon verdict sur ce qui m'a occupé ces derniers jours, à savoir le Limousin. C'est un endroit magnifique, vert, calme, avec de l'espace - mais en même temps il pleut tout le temps, et puis on y croise pas trop de gens de moins de 70 ans, lorqu'on y croise des gens tout court. Alors je dis : oublions le Limousin - le Limousin se portte très bien sans nous, puisqu'il ne s'y passe "rien". Inutile, Tlatloc, d'aller y coucher des ribambelles de plaques en béton - de toute façon il n'y aura personne pour venir les squatter cul nul dans une ambiance à la Fassbinder.
Sinon, concernant le débat en cours sur le vélo et le Causse, bien que tout cela ait l'air d'une blague, je suis bel et bien dans un questionnement existentiel lourd, qui ne m'a pas quitté un instant depuis mon récent retour (Tlatloc dira sûrement que ça va me passer, ce que je demande à voir). La question que je me pose, c'est : est-ce que je veux continuer à vivre sur Paris, considérant que cette ville est en train de me tuer, ou est-ce que je ne ferai pas mieux d'aller vivre là-bas, au pied du Causse, où la texture de l'air et la perception de l'espace sont d'un autre registre. Parce qu'entre nous, descendre le Pech Tregon et ses bords de falaise au dessus des nuages en VTT est une chose très différente de... disons descendre à Issy les Moules par la ligne 12. Déjà on transpire plus, et une fois en bas, on a envie ni d'une clope, ni d'un joint ou d'un rail de coke. On veut juste manger.
Ce week-end, je participe en tant qu'intervenant à un débat à la fête de l'Huma sur le thème des "Sous-cultures" (infos détaillées ci-dessous). Je serai ravi d'y voir certains d'entre vous si ça vous branche et si vous pouvez passer. En tout cas le sujet est interressant, et correspond assez bien, de façon transversale, aux questions que je me pose globalement sur la Culture (qui est aussi un terme issu d'un bouquin de SF de Ian Banks, mais la je parle de la même "culture" que Goëbbels).
C'est con à dire, mais par cette simple phrase, Goëbbles a rendu à tout jamais impossible la possibilité de faire une critique de la culture - sous peine de passer d'office pour un facho.
Et pourtant, je me pose toujours la question :
En quoi la culture (et à plus forte raison un trop plein de culture) pourrait être préférable au sport, à la pêche, à l'artisanat et aux travaux manuels, à la bonne bouffe... bref, à tous ces trucs que Jean-Pierre Pernaud a discrédité à jamais ?
Est-ce donc "vieille France" de dire que je n'en ai rien à foutre de la dernière saison de "Lost" ou de "Desperate Housewives" (ou même du dernier bouquin de Christine Angot), et que je me sens bien plus motivé par une randonnée au dessus des nuages ?
Le débat est en cours dans ma tête. Et Tlatloc et Noib, dans leur passes de furie dialectique, l'incarnent sous mes yeux.
Et je me tâte.
Sourd d'une oreille.
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Bonjour à tous,
Voici un petit récapitulatif des réjouissances à la Fête de l’Huma (du
12 au 14 septembre, Parc de la Courneuve). Marion et moi y serons
présents, et pour la première fois le Diable aura son propre stand sous
le chapiteau du Village du livre !
Les signatures auront lieu sur le grand stand de l’espace librairie :
Julien Blanc-Gras : samedi 13/09, 14h – 19h
Nora Hamdi : samedi 13/09, 15h – 17h
Louis Lanher : samedi 13/09, 15h - 18h
Marin Ledun : samedi 13/09, 10h – 19h et dimanche 14/09, 10h – 19h
Cécile Vargaftig : samedi 13/09, 14h – 16h
Par ailleurs, le dimanche 14 à partir de 16h (stand des
Communistes unitaires, avenue Louise Michel à côté du Village du
livre), Marion sera aux côtés d’Alex Jestaire pour un débat sur les
sous-cultures, leur émergence dans l’espace public et leur éventuelle
récupération par l’industrie culturelle. Pour aller vite, le but de
cette table ronde sera de montrer que les jeux de rôle, les manga et le
hip hop ne produisent pas forcément des nazis décérébrés. Un débat
d’utilité publique, donc.
Je reste à votre disposition pour toutes questions et vous dis à bientôt.
Bien à vous,
Charles
Devil’s Assistant
Doktor Malouïr
note que dans certains cas, la surdité c'est un machin plein d'avantages. Tel que le repli autistique.
Bon, okay au départ tu gonfles la cantonade en demandant de rejouer le clou d'une esclaffe mal adapté au comique de répétition. Ou alors tu parviens à glisser un truc engagé mais il te faut un délai pour reconstituer l'écho des dernières syllabes et derniers vides intelligibles que tu annexeras en phrases.
Fait communément admis : ton irruption dans le langage se solde ou trop tard ou complètement à côté.
J'ai une photo d'empreintes de chaussures laissées après une palabre, tu y vois les pieds converger vers un point où sont écrasés les mégots des clopes, tu vois aussi que quelqu'un s'est reculé, je me suis reculée et ma cendre est plus loin, mais je crois que j'entendais très bien grésiller le papier et mille autres choses qui s'enroulaient dans une fumée parfaite.
Comme tout handicap offre récompense, tu n'es pas à l'abri de l'exclusion, Chouchou. Je dis bien ça pour te rassurer. Désormais, te voici porteur d'un filtre et il t'appartient d'en faire bon usage. Note que dans certains cas, il vaut tout de même mieux savoir ce qu'en pense le toubib.
Pour ce qui est de la culture, je ne pense pas qu'elle mérite une collision en pleine poire avec hmm, disons la tradition pour faire court, lorsqu'il s'agit de mesurer les propriétés de jouissance inhérentes à un choix de vie. Bien plus déterminant est notre environnement direct, les moyens dont on dispose dans une circonscription suggérant le moins de déplacements possibles. Selon que tu vives à Paris, Garges-les-Gonesses ou dans un bled du Cantal dont j'ignore le nom et ne l'inventerais même pas, bref se dresseront au gré du lieu : une Fnac, un Carrefour, une église.
L'écologie, la nature, l'artisanat défendent des ressources locales au même titre qu'un distributeur culturel déploie la carte du monde, mais Malevil, tu es bien trop brillant pour te permettre d'enjamber à ce point Lost et la pêche à la truite afin d'établir la largeur du couloir. Dire que l'un serait préférable à l'autre suppose que l'un puisse être aveugle de l'autre. Je doute fortement que tu valides intellectuellement ceci (Chouchou - histoire que hein, tu te dises pas putain Smoke elle cherche à être désagréable et tout).
Modèle identitaire & crise de la quarantaine
Ma loutre, Smoke a raison !
T'es pas obligé de choisir entre deux modèles précontraints (comme le béton). Smoke va encore dire que j'invoque les ouvrages comme un parapluie mais t'es en pleine crise 99 francs, Malevil !
(relit 99 francs et revoit Transpotting).
Ha ben c'est cool
Maintenant je connais ma case.
Donc je vais pouvoir aller m'acheter un bouquin Marabout sur "La Crise de la quarantaine", suivre les instructions, et ça va s'arranger.
Pour la somme modique de 4,99 euros.
WANT
Il y a un morceau que j'ai beaucoup écouté en boucle ces derniers temps, c'est "Want" de Recoil, sur l'album "Liquid". Je me souviens même avoir dansé dessus devant la mer, en Hollande - mais il s'agissait plutôt d'une sorte de prière, ou d'invocation - j'avais la pleine lune droit devant moi, énorme.
Je crois que la question, et en fait la seule véritable source de toute magie, c'est de savoir ce qu'on veut.
Tout le monde ne le sait pas, moi-même je ne le sais pas en ce moment - et le fait de ne pas le savoir rend souvent maussade et malheureux, ce qui n'aide pas le réveil d'un quelconque désir.
WANT
Est-ce que je veux de l'argent ?
Est-ce que je veux de la baise ?
Est-ce que je veux la célébrité ?
Est-ce que je veux une ascèse ?
Est-ce que je veux écrire ?
Est-ce que je veux un enfant ?
Travailler par le contraire ne fonctionne pas. On ne gagne rien à énumérer ce qu'on ne veut pas, ou ce qu'on ne veut plus, puisqu'on connaît tout ça trop bien, et que par la force des choses on est encore dedans.
Je n'ai plus regardé de série depuis des années.
J'ai le plus grand mal à regarder un film.
La plupart des bouquins me semblent assez inutiles.
J'ai de moins en moins de "coups de foudre" musicaux.
Ce n'est donc pas par là qu'il faut que je creuse.
Je vis à Paris - capitale, lieu de culture, de spectacles...
Je ne sors jamais voir une expo, je ne vais pas au cinéma, je vois très peu de concerts. Tout cela ne me fait pas ENVIE.
WANT
Je ne crois pas qu'il faille déconner avec le désir.
Parce que c'est à peu près tout ce qu'on a.
C'est la sève.
Alors je cherche, je gratte, je tatonne, je me cogne.
Fort heureusment, mon oreille s'est "débloquée" et j'entends à nouveau normalement.
Je ressens envers la culture la même chose qu'envers l'air parisien en été - une sensation d'asphyxie. Non Loris, je ne suis pas "amoureux de Paname, du béton et du macadam" - d'ailleurs Renaud n'est-il pas venu vivre pendant des années du côté de chez moi, vers Avignoun ? Même après 15 ans à Paris, je reste une pièce rapportée. Je reste un provincial.
Et puis bon - le goût pour la poésie des décors urbains s'estompe un peu quand on arrête de regarder des films.
WANT
Tu as raison, Smoke, j'ai un peu fait un grand écart stylistique à deux balles. Je suis bien conscient que la culture est un processus vaste - qu'on y échappe jamais - qu'on ne fait que choisir sa variante.
Il est fort probable que je serais malheureux si je me coupais totalement de la culture "lettrée" (j'ai connu des gens qui ont un jour décidé de ne plus lire de livres), mais je ne suis pas contre de laisser le hasard des rencontres et des découvertes jouer, plutôt que de courir constamment après, dans un appétit infini de mots. Il y a encore des choses à apprendre, bien sûr - mais je ne suis pas certain de pouvoir trouver ce qu'il me faut dans un livre.
Finalement, il est possible que je sois tenaillé par des problèmes d'Oedipe (vacances pourries avec mon père), mais la chose qui me terrifie le plus en ce moment, c'est que cette chanson, que j'ai entendu pour la première fois au mariage du sud-ouest, finisse un jour par me concerner :
On dit qu'il n'y a pas "pire sourd que celui qui ne veut pas entendre". Et quand je dis que parfois, un bon coup de poing dans la gueule serait une réponse justifiée face à quelqu'un qui abuse de son avantage de tchatche, je suis très sérieux. Là je viens de faire une indigestion de "culture". D'où les ballonements. Déhésolé.
Rien est vrai, tout est permis.
Je crois que la question, et en fait la seule véritable source de toute magie, c'est de savoir ce qu'on veut.
j'aurai dit un truc genre : vouloir ce que l'on veut.
Love Under Will
Voilà qui est tout à fait vrai et juste, ami Koresh.
Mais pour en arriver à ce stade, il faut déjà être un peu éveillé, et en ce qui me concerne, vu que je pense en être encore au stade du grand débutant, je commence par étapes. C'est difficile de vouloir ce qu'on veut quand on a aucune idée de ce que c'est. Il faut poser des priorités, toussa. Mais en même temps, c'est peut-être une manière de lambiner.
Est- ce à dire que le VOULOIR ne peut être qu'une fulgurance ?
J'ai découvert les graines de guarana ce weekend, à la fête de l'huma, grâce aux kamarades Marion et Charles. Excellent produit - comme la cafféine, mais en moins violent. Et c'est légal... Moi qui cherchais quelque chose pour réveiller mon "intensité", j'attaque une cure.
Merci de hanter encore l'appart, ami David.
Sans toi, il manquerait quelque chose d'important.
Tu fus et tu restes notre premier héros.
Mhhh
Pour vivre plein et entier il faut parfois un peu renoncer.
Problématique 99 francs (ou celle du film La Plage). Le héros de Beigbeder n'arrive pas à renoncer.
Pourtant, même "Larry Flint" n'est pas resté Larry Flint tout le temps.
La perspective Sam Dahan (telle que tu la décris en tout cas) n'est pas une perspective viable.
Hghll
Ami Rémibug, je vois très bien pourquoi tu fais référence à "99 Francs" (un peu moins "Trainspotting", mais bon...) Je me souviens du syndrome de "fuite" que traverse le personnage central - j'avais été particulièrement marqué (genre méga-lol) par la ritournelle finale (traitée tout à fait différemment dans le film) - à savoir le moment où, après avoir fui sur l'île paradisiaque avec les thunes et la meuf bonne, le héros finit (c'était fatal) par s'emmerder... et par rêver de rentrer à Paris pour se frotter, à nouveau, à la "course du rat".
Une autre "petite phrase" du bouquin (que je ne pourrais pas ressortir mot pour mot) disait en gros: "C'est le jour où l'homme sera capable de rester assis sur son cul sans rien faire et d'apprécier juste le vent que le monde sera sauvé". Mais bien sûr, ça n'arrivera pas - à moins d'une percée radicale de l'esprit chrétien-bouddhiste-zen, qui, ne l'oublions pas, ne vise au final que l'anéantissement ("niravana=néant et monde+vie=enfer+vallée de larmes).
Pour ce qui est du "renoncement", je veux bien te croire à la lettre. Il y a d'une part des "renoncements" presque naturels, puisqu'ils se sont imposés d'eux mêmes - par exemple le fossé qui est en train de se creuser entre l'industrie de la culture et moi, ces synptômes de "peine-à-jouir" que je ressens face aux voluptés de l'imaginaire et de la fiction, qui étaient jusque là toute ma vie (d'ailleurs c'est bien là le problème - un bon Spinrad, par exemple, ne remplit pas l'estomac).
D'autre part, il y a des "renoncements" pour lesquels je ne suis pas encore prêt, et c'est bien ce qui m'inquiète. Renoncement à la cigarette et au THC notamment. Renoncement aux "valeurs" du porno, que je veux bien rejeter consciemment, mais que mon corps, lui, se refuse à lâcher (d'autres se font moins de complexes et assument pleinement ces "valeurs" - l'époque "bling-bling" en est une vitrine effrayante).
En tout cas je veux bien renoncer à l'enfance et à l'infantilisme. C'est même ce que je souhaite de tout mon coeur... Mais je ne suis absolument pas certain d'en être capable. Alors bon, je continue de chercher, de peser... Mais ai-je une seule chance d'y arriver sans faire une analyse ? (question piège)
En bonus, un petit docu dont voici la thèse :
Selon des spécialistes du cerveau aux USA, le plaisir de vivre décroit inexorablement avec l'âge.
Comme quoi
Si le plaisir de vivre décroit inexorablement avec l'âge, ça veut dire que la nature est bien faite.
Transpotting et 99 francs ont en commun la consommation et le désir d'en décrocher. Ce qui rend Transpotting particulièrement adapté à ton histoire c'est la phrase finale du héros (fin du film). A revoir !!!
Loud like Nature
je réfléchis, je me pose la question. Tentée de reconnaître que c'est certainement vrai. La nature est bien foutue si le plaisir de vivre décroît avec l'âge. Mais quand même, l'instinct de survie opère une résistance de son côté, et si l'enthousiasme n'intervient plus des masses, il faut toutefois détenir un bon joker pour justifier l'emprise. J'entends par là une raison autre que biologique, parce qu'honnêtement, c'est pas vraiment ce que l'on préfère entendre. Bref, si on ne vire pas dépressif, il reste ce machin qu'on appelle la sagesse. Trop cool.
Putain, j'ai plus de clopes et la flemme de sortir.
La sagesse du RER A
A partir de demain, je vais recommencer à prendre le RER A tous les jours. Ligne La Défense-St Maur Créteil... Le Studio Lincoln des Champs Elysées change de propriétaire, et puisque je ne fais pas partie des meubles (je n'en suis pas un), je retourne bosser pour mon premier patron, aux Studios St Maur - avec dans l'idée de reprendre et de garder un rythme de vie diurne... On vient de me confier le doublage d'un film japonais dont je ne sais encore rien, sinon que le script ne contient pas les noms des personnages (galère classique)...
Retour à St Maur-des-Fossés - ville célèbre pour ses moines et ses pavillons idylliques - où j'ai bossé 2 ans, avant de bosser 2 ans sous les Champs Elysées. Pour aller au Champs, ça me prenait 20 minutes porte à porte. Pour aller à St Maur, ça va être une heure aller le matin, puis une heure retour le soir (ou plus probablement la nuit, genre 11H-minuit). Je vais pouvoir me remettre à bouffer du bouquin... Mais en même temps je vais avoir un peu moins de temps pour le net.
Si je parle de la ligne A du RER, c'est parce que c'est un de ces endroits où on voit plein de gens, où on assiste à plein de scènes - et même parfois on y fait des rencontres... Là, je viens de me souvenir d'un soir, presque minuit, où je faisais Paris-St Maur pour y bosser toute la nuit.Y'avait pas grand monde dans le wagon, et de manière plus notable, il y avait un vieux rebeu habillé un peu rétro, classe mais élimé, qui me regardait dansouiller sur un morceau Front Line Assembly sur l'I-Pod avec un petit sourire. A un moment il m'a fait un signe - il voulait discuter - je sais plus de quoi - sûrement de musique... Je me suis assis à côté de lui et j'ai vite capté que le monsieur était imbibé, sans doute de manière chronique, mais aussi ma foi sympathique - un de ces vieux alcoolos dont le phrasé réveille la mélancolie de personnages à la Bukowski, un climat à la Tom Waits, avec une légère touche orientale dans ce cas-là...
On a eu un de ces moments magiques où, sur l'espace des quatre ou cinq stations qui séparent Paris de la banlieue, la matrice du placenta, on est parti dans une grande conversation sur un peu tout et n'importe quoi - la vie, l'univers, l'amour, la musique... Je ne vais pas faire le résumé de ce dont on a parlé - je dirai juste qu'il me semble que des fois, le temps fonctionne vraiment différemment. Là, en l'occurence, j'ai échangé plus de choses en 15 minutes avec ce gars qu'avec disons certains collègues de boulot en 4 ans...
Mais ce qui m'a marqué, c'est ce dont on a parlé juste avant que le bullet s'arrête en plateforme St Maur et que je doive dire adieu à mon compagnon. On parlait de "désir", justement. Et le monsieur, sans aucun complexe, m'avait demandé franco si il y avait quelque chose que je souhaitais, que j'attendais de la vie, un but, un état, une destination...
J'ai réfléchi un moment, et puis sans trop forcer je lui ai dit ce qui me semblait le plus évident, juste et cohérent pour moi - je lui ai dit "la sagesse". Je pensais que ça allait faire tilt - qu'il allait me dire un truc du genre "c'est bien p'tit jeune, continue". Mais au lieu de ça, il a fait une petite moue et il m'a dit "Non, réfléchis vraiment. Un vrai truc - ça c'est pas sérieux."
Cette histoire doit remonter à 3 ou 4 ans, et pour être franc, tout le reste de la conversation est devenu flou dans mon esprit. Mais cette phrase, cette perspective : La sagesse ? "Laisse tomber. Trouve le vrai truc."
C'est un peu comme une énigme que je ne serai jamais parvenu à résoudre - un non-sens qui doit finir, un jour, par dégager du sens. Régulièrement je cherche. Régulièrement je me repose la question, en partant sur le préssuposé: "Pas la sagesse. Le vrai truc"
Trop cool indeed.
Where do we go from here ?
tain chpeux vraiment pas vous laisser...
je pars deux secondes et voilà la semi-déprime qui s'installe (merci David d'être encore là, je vais faire du RER ouin ouin ouin). Alors séchez vos yeux émerveillés et contemplez avec une joie intérieur le splendide et puissant Dieu de la pluie qui est de retour! Alleluhiah!
Bon d'abord Nonante-Neuf francs et Trainspotting ne sont pas à la source de la philosophie du renoncement, je veux dire y'a un quasi-collègue il y a 2500 ans qui a dit au monde les bienfaits du renoncement, que la douleur naissait du désir, et qui orne encore des milliers de temples de ses lobes d'oreilles distendus par le poids anciens des lourds bijoux qu'il portait et qu'il a jeté à la face de son égoisme et sa petitesse humaine. Je ne parlerait même pas des Boddhisatva, qui sont le renoncement au renoncement, la mise en abîme de la joie, le chemin vers l'ataraxie. Mais je tiens à rappeler que dans cette ville se trouve une oeuvre splendide à la gloire du renoncement, une véritable énigme à résoudre pour trouver la sagesse. Saurez-vous trouver laquelle?
En parlant de sagesse, le vieux poivrot mahométan a tort. C'est bien la sagesse qu'il faut trouver. Mais la sagesse n'est pas toujours là où on l'attend. Elle est parfois dans le RER, parfois à l'Elysée. Elle est parfois dans la contemplation d'un lever de soleil, parfois dans une énorme cuite à la Zub.
Just give me the fucking bottle.
Le limousin
a des églises de forme carrée. C'est un endroit génial, particulièrement mystique, pas comme les causses. Beurk. Et à issy les moules il y a de très belles champignognères...
En tout cas c'est comme pour tout, j'ai toute les réponses, si tu veux savoir ce que tu dois faire, dépose deux coeurs humains palpitants au pied de la colonne de Nostradamus à la bourse de commerce et je te donnerais tes réponses.
Pour Dimanche je serai en train de résoudre le conflit Israelo-Palestinien sur place, malheureusement. Mais critique bien la culture pour moi, il faut lui mettre sa race. Et ne perds pas de vue qu'il y a eu une culture Nazie, la culture est à l'homme ce que la pluie est à la Belgique: indissociable.
Pour ton oreille, c'est l'effort sportif. Dans deux jours c'est fini. Mais méfie toi, quand on n'a pas l'habitude il faut se méfier de l'effort physique...
Quittons nous sur quelques belles photos du Bort les Orgues en Limousin, et ces degrés ruissellants qui montent vers le ciel...
Ah, le Limousin... notez bien les berges...
Erf
J'irai bien à la fête de l'huma, mais je suis un peu trop déprimé pour ça.
Loris.
Ben Loris ?
Ben Loris ?
Bouhou, allez viens on va faire un tour dans une chouette fête forraine.
Je peux attester
Que la fête de l'Huma c'est que des good vibes.
Je n'y ai fait qu'un petit tour cette année, mais ça m'a quand même remonté le moral en beauté. C'est l'un de ces lieux où l'on peut déambuler avec une certaine foi dans l'homme, dans les autres - une sensation de confiance, de simplicité, humble et fraîche - pas de frime, pas de stress - une bonne teuf quoi.
Quelques heures avant d'aller à la fête de l'Huma (en cherchant les trajets sur le net), je suis tombé par hasard sur un forum de traders (http://www.boursorama.com/) où l'on pouvait lire cette phrase:
"Aller à la Fête de l'Huma", c'est 10 fois mieux que d'aller au zoo".
Et bien je dirais que mine de rien, et quoi qu'en pensent nos copains du Nouvel Ordre Mondial (qui a un peu eu tendance à se casser la gueule à Londres ce lundi), c'est rûdement agréable de se balader en tant que babouin au milieu des babouins, et de faire des trucs de babouins de base, genre boire des coups, voir des concerts, tchatcher avec des jeunes de toute la France... Perso, je préfère largement avoir été là le dimanche qu'à la bourse le lundi.
Ces enkulés de la haute finance n'ont vraiment plus aucun complexe. De là à ce qu'ils appellent bientôt les prolétaires des "sous-hommes" sous prétexte que ceux-ci ne portent pas de costards Armani. On croyait qu'envoyer des gens dans des camps parce qu'ils étaient juifs était le comble de la folie. Mais je ne doute pas que certains rêvent aujourd'hui d'y envoyer tous ceux qui ne comprennent rien au dresscode à 20 000 boules - sauf qu'ils appelleraient leurs camps des "zoos".
Le prolétaire est-il vraiment une race en voie d'extinction ?
Le trader a fortement mal au cul en ce moment
http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/09/16/on-nous-a-dit-l-activite-s-arrete-debouclez-vos-positions-preparez-vos-cv-et-ciao-bye_1095661_3234.html
ils rebondiront et ont suffisamment de thunes pour survivre. Ensuite, ils se sont pris le système qu'ils vénéraient dans le fion, ça doit réveiller. Enfin, ils vont pas se gêner de se précipiter vers un système sur lequel ils crachaient. D'ailleurs, ces probables apôtres du néolibéralisme le disent eux-même : "ouin, ouin, pourquoi que l'état il nous as pas renfloués ?"
Mais comme disait Frédéric Lordon (http://www.monde-diplomatique.fr/2008/03/LORDON/15659), l'important dans le capitalisme financier, c'est de ne jamais, jamais, tirer aucune leçon de toutes les "crises" qui peuvent avoir lieu. N'avoir aucun doute, et répéter le mantra "le libéralisme sauvera le monde".
Toutefois, tous ces connards qui citent Milton Friedman à longueur de discours (et oublient soigneusement de jeter un oeil à Stiglitz) se prétendent apôtres du libéralisme, ce qui est un mensonge éhonté. Le libéralisme du XVIII n'a aucun, vraiment aucun rapport avec le néolibéralisme puant de Friedman. Et même si le libéralisme de Smith était pas bien propre (la naissance de la notion d'esclavagisme salarié, si si), c'était pas aussi immonde que ce qui est prôné aujourd'hui.
Le grand talent de ces gens là a été d'associer le prolo à sa propre destruction. Par une espèce de jeu de complicité/fascination, le prolo s'associe aux pognonnés pour sa propre perte. On l'inclut parmi nous comme pote, mais pas question qu'il touche à la confiture. Le principe étant de pousser les prolos à se déchirer en espérant devenir membre du club super fermé de ceusses qui ont du pognon. Sauf que faut pas rêver, le travail aujourd'hui ne t'apporte plus l'argent. Quand Dassault se répand dans un édito de sa gazette sur "c'est scandaleux de payer les chomeurs, le travail y'a que ça de vrai", il me fait *vomir*, ce putain d'héritier qui n'a eu comme difficulté que de naître le cul posé sur une montagne de fric qu'il n'a rien fait pour gravir. J'ai (malgré tout ce que je peux lui reprocher) plus de respect pour son père qui au moins a eu à la créer, cette montagne.
http://www.monde-diplomatique.fr/2008/04/CHOLLET/15818
Moi aussi, ami Loris, je t'aime
C'est bon de pas être tout seul à être énervé.
Dans une conversation récente, quelqu'un me disait quelque chose qui n'était pas loin de correspondre à la perception nietzschéenne du christianisme et du socialisme (cultures d'esclaves), à savoir que la spécificité de la pensée de gauche, c'est la jalousie. Soi-disant, ce serait une pensée qui ne se structurerait que sur le désir de revanche des non-possédants sur les possédants - un truc un peu mesquin et primaire, bassement matérialiste, avec le côté lose d'être dans le club des non-possédants, qui n'a rien de bien glorieux.
Le truc drôle, en ce moment, c'est que la presse de droite reproche à Sarko de faire une politique "de gauche", sous l'influence phéromonique de sa nana Bruni (quelle blague).
Mon impression, c'est qu'on est dans une époque de paupérisation (j'en suis convaincu), mais que dans l'ensemble ça ne se voit pas, ça peut passer complètement inaperçu, puisque l'évolution urbaine a de plus en plus tendance à transporter les pauvres florissants dans des "zones invisibles" (tourvillaines en quelque sorte), técis et néo-favellas, et on peut passer son temps à se balader dans les centre-villes sans jamais voir autre chose que des vitrines et quelques clodos/roumains "folkloriques", pour s'acquitter de la traditionnelle "dime du pauvre". Le prolo qui coule est un peu comme la poussière que la fameuse femme de ménage portugaise planque sous le tapis.
Donc après, on vit dans l'illusion qu'on est dans un pays où tout va bien, où tout le monde a le minimum vital (TF1 et internet) et où franchement, je vois pas de quoi on se plaint. Mais en fait, c'est le mensonge du Spectacle qui se porte bien, et si t'as un doute, tu peux toujours prendre des anxiolétiques, c'est pas cher et c'est remboursé par la sécu... Idéologiquement, ça faisait depuis les années 80 que les "have" ne s'étaient pas autant torché le cul avec les "have not".
En même temps...
On m'a dit samedi que : "Le Monde est un journal de gauche".
C'est sûr qu'avec un décalage des perspectives de cette teneur, ça m'a calmé.
On monte un club, Malevil ? Ou on remonte le parti Freak Power de Hunter S. Thompson lors de la "bataille d'Aspen" ?
Le monde
Merci Loris et Malevil, personnellement, je n'ai même plus l'énergie de m'indigner.
Faudrait s'encarter, militer, se réunir, faire des actions, enfin bref tout ça quoi. Mais il faut aussi que je "gagne ma vie" (quelle justesse dans l'expression) et me coucher tard commence franchement à me fatiguer.
A supposer que je l'ai jamais eu un jour, j'ai plus la pêche.
la claque invisible d'Adam Smith
Comme vous y allez tous... Enfin l'argent est le nouveau Dieu, l'Economie la nouvelle religion, les banques d'affaire le nouveau clergé. Laissez faire, laisser passer. Inutile même d'aboyer. Car non seulement tout cela n'est que temporaire, mais la roue tourne de plus en plus vite. Un nouveau jour se lève, et les rayons puissants d'Huitzlipochtli disperseront ces vains marchands et leurs bonus.
Nous avons tout pour être heureux maintenant. Pourquoi perdre du temps à en vouloir aux autres?
mais je ne suis pas contre fonder un parti. J'ai plein d'idées...